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    The Alice COOPER Group

     

    Leur réputation de groupe déjanté et malsain intéresse Frank Zappa, grâce à qui deux albums sortent : Pretties For You en 1969, et Easy Action l'année suivante. Ces albums utilisent des références aux Beatles, au rock psychédélique et à la freak music expérimentale. Malgré l'échec commercial de ces deux disques, Alice Cooper s'affirme comme un groupe scénique de premier plan. Au bout d'un an, le groupe, ruiné - ils en étaient alors réduits à vivre à cinq dans la même chambre d'un motel -, décide de tenter sa chance à Detroit, qui semble alors une ville plus accueillante que Los Angeles pour le rock.

     

    Le célèbre cri « kill the chicken! » (« tuez le poulet ! ») qu'aurait poussé Cooper sur scène à cette époque est une légende. Lors d'un concert au Rock Festival de Toronto en 1969, un groupe de fans éméchés lance un poulet vivant sur scène. Alice s'en saisit, et, pensant que la foule allait le laisser voler au dessus d'elle, le relance. Les spectateurs s'en emparent et le déchiquètent littéralement. L'évènement fait le tour de la presse à sensation américaine grandissante et est vite répertorié comme le « kill the chicken ».

     

    C'est à Detroit qu'ils rencontrent leur futur producteur, Bob Ezrin, sous la direction duquel ils enregistrent leurs deux disques suivants : Love It To Death (1971), qui révèle alors leurs talents musicaux et capacités commerciales (I'm Eighteen est le premier tube du groupe) et Killer, paru lui aussi en 1971 et qui s'inscrit dans la même veine musicale. Il confirme leur importance grandissante, notamment grâce à deux nouveaux succès, Under my Wheels et Desperado, hommage d'Alice Cooper à Jim Morisson, mort la même année. Killer est un album particulièrement sombre qui justifie un Cooper plus théâtral et obscène sur scène.

     

    Utilisant certains ingrédients du Grand Guignol, Cooper affine son image de marque en découpant des poupées à la hache et en utilisant des accessoires étonnants. chaise électrique, guillotine, potence et boa constrictor surgissent de la scène. La mise en scène d'une thématique morbide et violente fait émerger Alice Cooper de la scène rock, et le groupe devient une grande attraction aux États-Unis : son public se presse pour voir Cooper crever des ballons remplis de vers au-dessus des premiers rangs et se faire « pendre » en public. Le groupe apparaît également comme le peintre cynique d'une Amérique sombre très éloignée des idéaux de l'époque. On va jusqu'à dire qu'il aurait « coulé le mouvement hippie à lui tout seul ».

     

    En 1972, l’album School's Out remporte un énorme succès. C'est la plus grosse vente de singles du groupe pour les années 1970. Le disque vinyle est vendu emballé dans une culotte féminine en papier, coup de publicité garanti.L'album Billion Dollar Babies, paru l'année suivante, comporte des compositions qui deviennent des classiques du groupe : Hello Hooray, Elected, No More Mr Nice Guy, etc. Il atteint la première position des ventes aux États-Unis et en Angleterre malgré certains titres choquants comme I love the dead (« j'aime les morts ») qui traite de nécrophile. La tournée de 1974 est grandiose et Cooper se surpasse au niveau théâtral mais les choses ne tardent pas à se gâter.

     

    Éclipsés derrière un chanteur charismatique et exubérant, certains membres du groupe préfèrent abandonner l'aspect théâtral en spectacle. Cependant, Alice Cooper lui-même n'est pas d'accord, pensant qu'il doit au contraire aller plus loin dans la démesure. Le groupe sort un nouvel opus à la fin de l'année 1974, Muscle of Love. Dès le début du projet, Bob Ezrin quitte le navire. Le guitariste Glen Buxton éprouve des problèmes de santé assez importants pour justifier un remplacement occasionnel. Sans obtenir un succès égal à son prédécesseur, l'album se classe dans le top ten américain mais les tensions internes grandissent. En 1974, à l'issue d’une longue tournée harassante, le groupe est mis en veilleuse. Warner, la maison de disque, en profite pour éditer un Greatest Hits aux juteuses retombées ( N°8 aux États-Unis ). Le groupe original se sépare fin 1974.

     

    Alice COOPER - sa carrière solo

     

    Alice Cooper entame alors une carrière solo en s'entourant de nouveaux musiciens (en particulier Dick Wagner et Steve Hunter aux guitares, ex-musiciens de Lou Reed ). Il écrit l'album-concept Welcome to my Nightmare qui raconte l'histoire d'un jeune garçon, Steven, plongé dans un cauchemar dont il ne parvient pas à trouver l'issue. Le disque est produit par Bob Ezrin et paraît en 1975. Il s'impose avec des compositions comme Only Women Bleed, Department Of Youth ou Steven. Même si la violence originelle du rock d'Alice Cooper fait place à toutes sortes d'expérimentations allant du cabaret (Years Ago) au rock jazzy (Some Folks), l'ambiance est lugubre et malsaine. L'album est accompagné d'un téléfilm mettant en scène l'histoire, diffusé aux États-Unis.

     

    Le disque remporte un grand succès (N°5 aux É-U) et persuade le chanteur de continuer en solitaire. Un film retraçant les concerts de la tournée Welcome to my Nightmare montre les performances scéniques de Cooper, théâtral et délirant. L'acteur Vincent Price participe à cette tournée. Apparaissent sur scène un cyclope, un écran géant, des monstres et une troupe de danseurs dans laquelle s'illustre sa future femme, Sheril.

     

    Après ce succès, sa carrière décline lentement, tant à cause de ses problèmes d'alcool que des changements de mode. Le disco envahit les ondes radiophoniques et les jeunes se tournent davantage, soit vers les groupes punk, soit vers la seconde vague de heavy metal britannique ( Def Leppard, Motorhead ...). Cooper, de son coté, ne caractérise plus le provocateur suprême qu'il était entre 1969 et 1975. Alors que les ventes de ses albums décroissent peu à peu, il maintient sa popularité grâce à des ballades qui lui valent certains de ses plus gros succès commerciaux avec par exemple You and Me, I Never Cry et How do You Gonna See Me Now. Les textes de cette dernière sont tirés d'une lettre qu'Alice Cooper écrit à sa femme alors qu'il est interné pour alcoolisme.

     

    Cooper apparait à la télévision, notamment au Muppet show, et s'éloigne progressivement de son image anti-establishment. Au niveau musical, Alice Cooper goes to Hell (1976) se présente comme une suite au précédent opus, avec la même recherche de diversité. Cette fois, Cooper se retrouve au purgatoire, jugé pour ses méfaits et c'est maintenant à lui-même de s'évader de son cauchemar. Il hante les nuits de Steven avec ses appels de détresse. La tournée de promotion prévue est annulée pour des problèmes d'asthme. La même année, il épouse Sheril Goddard, danseuse et chorégraphe avec qui il a trois enfants. Si le disque rencontre encore un succès estimable, le suivant, Lace and Whiskey (1977), traduit déjà une certaine baisse de popularité. Celui-ci aborde les thèmes de l'alcoolisme et des films policiers en noir et blanc.

     

    À la fin des années 1970, le groupe Kiss obtient un succès phénoménal avec un enregistrement en concert, Alive!. Alice Cooper s'essaie à la même stratégie avec The Alice Cooper Show. Il est interné peu de temps après la sortie de cet album pour subir une première cure de désintoxication. Cette expérience traumatisante devient le sujet central de son nouvel essai, From The Inside, en 1978, qui comporte certaines sonorités disco et d'autres morceaux plus conformes au style traditionnel de leur auteur (Inmates, We're All Crazy, Nurse Rosetta, Serious). Les textes sont inspirées de personnes rencontrées pendant son internement. L'album est coécrit par Bernie Taupin, parolier d'Elton John. La pochette représente le visage de Cooper à nouveau maquillé (il avait abandonné sa marque sur le précédent) devant les portes d'un asile, des aliénés apparaissant derrière ses yeux. La même année, Alice reprend le morceau Because des Beatles, accompagné par les Bee Gees.

     

    Flush The Fashions (1980) voit le chanteur s'essayer aux sonorités électroniques et new wave. L'accueil est timide. L'album contient le morceau Clones, repris plus tard par les Smashing Pumpkins. Cooper présente un nouveau look qui dissimule mal son piètre état physique.

     

    En 1981, Alice replonge dans l'alcool à plein temps. L'album Special Forces (1981) est une tentative de renaissance en un nouveau personnage. L'album fait une intrusion sur les ondes radio avec Who Do You Think We Are. Alice In Paris 1982 est une vidéo, maintenant difficile à se procurer, qui représente bien l'image de cet époque.

     

    L'album Zipper Catches Skin suit en 1982, sans succès et sans tournée pour appuyer cette tentative plus rock que les deux albums précédents.

     

    Suite à ces trois albums, Alice Cooper est épuisé mais il lui reste un album à livrer à Warner Bros. pour honorer son contrat. Il reçoit l'aide de deux anciens collègues, le producteur Bob Ezrin et le guitariste Dick Wagner. Il en résulte Dada (1983) dont la pochette est empruntée à Salvador Dali. Très expérimental et personnel, il se révèle un désastre commercial monumental. L'album ne bénéficie d'aucune publicité ni spectacle. L'histoire présente un portrait lugubre d'une famille dysfonctionnelle où un homme tourmenté cache un frère cannibale.

     

    Sombrant de plus en plus dans un alcoolisme frénétique, Alice Cooper frôle la mort à quelques reprises. La rumeur veut que, dans un état pitoyable, il projette une suite à Welcome To My Nightmare, en collaboration avec Dick Wagner et Joe Perry. Ce dernier, démissionnaire d'Aerosmith n'est pas au mieux lui non plus. Le projet ne verra jamais le jour. En 1984, il renonce à l'alcool pour sauver sa vie et son mariage.

     

    En 1986, Cooper est sobre et prêt pour son grand retour. Entouré de compositeurs, le chanteur garde désormais un œil sur les modes et troque sa tenue de provocateur contre un univers de film d'horreur série B. Constrictor (1986), avec pour guitariste principal Kane Roberts, est orienté hard rock. Le titre He's Back est sélectionné pour la bande originale du film Vendredi 13.

     

    L'année suivante paraît Raise Your Fist And Yell qui va piocher dans un heavy metal plus virulent. Alice apparaît dans le film Prince Of Darkness de John Carpenter et signe le titre éponyme de la B.O. En spectacle, c'est le retour d'un personnage plus sanguinolent et gore que jamais. Malgré le relatif insuccès des deux albums, les salles de spectacle se remplissent à l'occasion des tournées.

     

    L'aspect théâtral et provocateur revient ; Cooper interprète alors de vieux titres comme Dead Babies (1971) qui scandalise l'association américaine conservatrice PMRC. Avec d'autres grands du rock/métal comme Ozzy Osbourne et Dee Snider, Alice Cooper est pointé du doigt, accusé d'inciter les jeunes à la violence et au suicide. Certaines villes interdisent ses spectacles. Alice se défendra de cette accusation dans Freedom (1987) et plus tardivement dans Hey Stoopid (1991).

     

    En 1989, Alice participe à la bande sonore du film Shocker de Wes Craven, auquel participent également Desmond child, Paul Stanley de Kiss, Tommy Lee de Mötley Crüe, Iggy Pop, Megadeth, Dangerous toys, etc. Alice interprète un morceau typé rap, en duo avec l'acteur Horace Pinker, sur le morceau Shockdance. Ce film comprend une reprise de No More Mr. Nice Guy par Megadeth. La même année, I Got a Line on You figure sur la B.O. du film Iron Eagle II.

     

    Toujours en 1989, on retrouve Cooper avec pour producteur Desmond Child. Pour son nouvel album, il choisit des invités prestigieux : Aerosmith et Bon Jovi. Trash est un succès et permet à Cooper de retrouver son ancien statut. Only My Heart Talkin et Poison sont en outre des succès radiophoniques. Il récidive en 1991 avec Hey Stoopid où le chanteur s'offre les services de Slash, Joe Satriani, Steve Val et Mick Mars aux guitares ainsi que Nikki Sixx à la basse et Ozzy Osbourne pour les chœurs. Il apparaît ensuite en tant qu'invité dans le film Wayne's World : il y interprète la chanson Feed My Frankentein.

     

    Le hard rock et le heavy metal tendent à s'épuiser en ce début d'années 1990, notamment avec l'essor du grunge. Nirvana, emmené par Kurt Cobain, bouscule les standards de la musique et de l'apparence sur scène, contrastant avec le cuir, les chorégraphies et les feux d'artifices des années 1980. Cooper tente de s'adapter en collaborant avec Chris Cornell de Soundgarden. En 1994, il revient avec The Last Temptation. Renouant avec ses concepts et ses personnages, il ressuscite Steven qui va rencontrer un inconnu qui se prétend forain dans un théâtre abandonné. Celui-ci lui présente les sombres réalités de la société américaine. Le forain est en fait une incarnation maléfique de la tentation qui essaiera de troubler Steven. Le disque est accompagné d'une bande dessinée signée Neil Gaiman, plus connu sous le nom de Sandman, éditée par Dark Horse Comics. Malgré ces efforts, le succès commercial n'est pas au rendez-vous. Par la suite, Cooper doit se contenter d'un succès limité qui s'accompagne paradoxalement du statut de véritable légende vivante.

     

    Entre 1995 et 1999, c'est le vide quasi-total, à l'exception de quelques spectacles dont une tournée avec Scorpions, une compilation (Classicks, 1995), un live (A Fistful Of Alice, 1997) et un coffret de 4 disques (Life And Crimes, 1999). Classicks se conclut avec une reprise de Fire de Jimi Hendrix. En 1999, Cooper reprend la route pour ce qui, d'après l'apparence du chanteur et le choix des morceaux interprétés, ressemble à une tournée de promotion pour l'album The Last Temptation. Pendant cette période, Alice fait la connaissance de Rod Zombie, avec lequel il écrit un morceau, Hands Of Death, qui utilisé sur la bande sonore de la série télévisée X-Files. Cette collaboration influence musicalement ses deux projets suivants. En parlant de cette rencontre, Rob Zombie se compare à Luc Skywalker rencontrant Dark Vador.

     

    En 2000, à l'époque où le metal industriel est popularisé par Marilyn Manson, Nine Inch Nails et Rob Zombie, Alice Cooper sort l'album Brutal Planet qui se veut un regard noir sur le futur humain. La musique est simple, répétitive, très lourde et jonchée de sonorités électroniques. Les textes sont probablement les plus sombres et les plus pessimistes de sa carrière. Bob Ezrin est de retour au côté de Bob Marlette pour produire cet album que les fans accueillent diversement. Certains titres de l'album s'inspirent de l'actualité de l'époque ; ainsi, Wicked Young Man fait référence aux adolescents qui provoquent des tueries dans les écoles, Pick Up The Bones raconte l'histoire d'un personnage qui collectionne les ossements de sa famille et ses amis. Le single Gimme remporte un certain succès. Sur cette « planète brutale » figure le morceau Dragontown (« la ville du dragon »). C'est également le titre de l'album suivant, en 2001. Alice Cooper prévoit alors de faire une trilogie et d'intituler le dernier volet du triptyque Spirit Rebellious, mais ce projet est abandonné.

     

    En 2003 paraît The Eyes Of Alice Cooper. L'album est annoncé comme un retour au son rock-garage, pouvant rappeler Love It To Death (1971). Dans le climat musical de l'époque, le metal industriel cède la place au rock garage, avec The white Stripes pour porte-drapeau. Cooper surfe sur cette vague.

     

    Son dernier album est Dirty Diamond (2005). Cooper y aborde ses anciens styles musicaux, des références à des groupes qui l'ont inspiré et des expérimentations. Ainsi, Sunset Babies est une référence aux Rolling Stones. La sonorité du morceau Dirty Diamond rappelle les Queens of the stone age. On peut entendre Alice Cooper chanter à la manière Johnny Cash sur The Saga Of Jesse Jane et l'album se conclut avec une collaboration rap-metal avec Xzibit, Stand.

     

    En 2008, Tobias Sammet demande à Eric Singer s'il lui serait possible - étant batteur du groupe - d'obtenir la collaboration d'Alice Cooper sur le nouveau volet de l'opéra metal Avantasia. Ce dernier accepte et enregistre le titre The Toy Master aux côtés de toute la troupe.

     

    Source de l'article ==>  Wikipedia 

     

     


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