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    Les noms des membres du groupe de Marilyn Manson portent presque tous le prénom d'une starlette et le nom de famille d'un tueur en série. Voici les noms en question pour chaque membre du groupe:

     

    • Marilyn Manson - Marilyn Monroe (actrice) et Charles Manson (tueur en série très connu aux États-Unis actuellement emprisonné à vie.)
    • Twiggy Ramirez - Twiggy (top-model androgyne des années 1960) et Richard Ramirez (tueur en série fan de heavy metal surnommé par les médias "the Night Stalker". )
    • Madonna Wayne Gacy - Madonna (pop-star) et John Wayne Gacy (tueur en série schizophrène qui violait et tuait de jeunes garçons.)
    • Ginger Fish - Ginger Rogers (actrice et danseuse) et Albert Fisch (tueur d'enfants cannibale)
    • Daisy Berkowitz - Daisy Duke (personnage de la série TV Sherif, fais moi peur! ) et David Berkowitz (tueur en série psychopathe surnommé "the Son of Sam")
    • Sara Lee Lucas - Sara Lee (bassiste du groupe Gang of four) et Henry Lee Lucas (tueur en série qui confessa 360 meurtres)
    • Olivia Newton Bundy - Olivia Newton John (actrice qui a notamment joué le rôle principal du film Grease) et Ted Bundy (tueur en série séduisant et intelligent)
    • Gidget Gein - Gidget (héroïne d'un film et d'une série TV des années 1960) et Ed Gein (tueur en série cannibale et nécrophile)
    • Zsa Zsa Speck - Zsa Zsa Gabor (actrice née en 1917) et Richard Speck (tueur en série obsédé sexuel dont le fait marquant a été d'avoir commis un véritable massacre dans une maison où vivaient plusieurs étudiantes en médecine)

     

    Le groupe s'est formé en 1989 et a changé de formation plusieurs fois. Tous les noms des membres du groupe originel ont été formés à partir du prénom d'une icône féminine américaine et du nom d'un tueur en série (règle non-respectée avec l'arrivée de Zim Zum en 1996, de John 5 en 1998 et de Tim Skold, qui a préféré garder son vrai nom). Ainsi, le nom de Marilyn Manson est une référence à Marilyn Monroe et à Charles Manson. Cette dualité belle/bête mise en évidence dans la construction des noms de scènes des membres a une signification forte dans la thématique du groupe Marilyn Manson, qui aime jouer sur la réconciliation des contradictions. En effet, Marilyn Manson cherche à concilier les deux opposés (le Bien et le Mal, l'ange et le démon) présents en chaque homme. Aussi, l'esthétique du groupe accentue-t-elle d'autant plus cette thématique : Manson, de même que l'ancien bassiste Twiggy Ramirez, ont cultivé leur allure androgyne de manière ostentatoire afin de provoquer un sentiment mêlé de peur et de désir.

     

    En tant que groupe, Marilyn Manson apparut à Tampa bay en Floride sous le nom Marilyn Manson & the Spooky Kids. C'est en 1992 que le groupe décida de s'appeler simplement Marilyn Manson sous les conseils de John Tovar, manager de l'époque. En assurant la première partie du groupe de rock indus Nine Inch Nails (NIN), Manson fait la rencontre de Trent Reznor, chanteur et leader de NIN. Cette rencontre sera décisive pour le groupe et son style musical. En effet, en 1993, Trent Reznor signera le groupe Marilyn Manson sur son ex-label Nothing Records jusqu'en 2003. Les activités de Nothing Records sont aujourd'hui en suspens suite à un conflit entre John Malm Jr et Trent Reznor, les deux gérants du label (ce premier ayant été condamné juridiquement à reverser 2.95 millions de dollars à Trent Reznor suite à des commissions impayées).

     

    À l'instar de David Bowie, Marilyn Manson a associé à la création de chaque album un concept. Ce concept s'incarnant en un personnage auquel le chanteur s'identifie  : l'Antéchrist pour l'album Antichrist Superstar ; lors de la sortie de Mechanical animals, la pop-star décadente et extra-terrestre Omega ; quant à Holy Wood, il referme une sorte de trilogie inversée en présentant un être nommé Mercury. Pour The Golden Age of Grotesque c'est l'arch Dandy auquel Manson s'est identifié. Fin octobre 2006 sur le Jay Leno Show, on a pu voir Ginger Fish de nouveau derrière la batterie, ce qui signifie qu'il fait toujours partie du groupe malgré les rumeurs. Début 2007, c'est la stupeur, Manson nous annonce le départ de M.W Gacy pour, peut être, une histoire de droits d'auteur. Début 2008, il nous annonce un nouveau départ, celui de Tim Sköld, qui est remplacé par un ancien du groupe, Twiggy Ramirez.

     

    Interview de Marilyn Manson :

     

                                              

    Ne reculant devant aucun sacrifice, Eric de effetlarsen.site.voila.fr a rencontré le beau et sémillant Marilyn Manson dans les studios de M6 où il venait promouvoir son dernier single "Personnal Jésus" lors de "Hit-machine", l'une des plus pertinentes émissions de la musique d'aujourd'hui. Il a accepté de répondre, rapidement et dans sa langue natale, à ses questions. Pour plus de commodités, je vous propose la version française de notre entrevue.

     

    Marilyn, ça va ?
    Appelez-moi Brian !

    Comment ça ?
    Parce que c'est mon prénom, pardi !

     

    Ah bon ? Vous ne vous appelez pas Marilyn ?
    Absolument pas ! Pourquoi pas Josette ou Alice pendant que vous y êtes ?

     

    Justement à propos d'Alice, n'y a-t-il pas un parallèle entre vous et Alice Cooper ?
    Pas du tout. C'est trop nul son pseudo à ce mec ! Personne connaît la moindre Alice. Et Cooper c'est qui ? Gary Cooper ? Ce légume qui jouait sans se décoiffer dans des westerns à la con durant les années 50 ?

     

    Euh...
    En plus ce Alice Cooper, il se maquillait super mal et il faisait souffrir un pauvre boa qui lui avait rien fait. C'est inadmissible.

    Oui, mais je me suis laissé dire que tantôt vous avez sacrifié un poulet à Satan en plein concert.

    C'est vrai et c'est à juste raison.

    Ah bon ? Pourquoi ?
    Elle avait la grippe aviaire cette pauvre bête. J'ai abrégé ses souffrances et quelque part j'ai rendu service à celui qui aurait pu la manger.

    Beau geste en effet.
    Je vous le fais pas dire.

     

    Et Satan dans tout ça ?
    Ben, j'espère qu'il a pas attrapé la crève avec ce satané poulet !

     

    Ah ! Ah ! Ah ! Vous êtes trop drôle, Brian !
    Eh oui, Marilyn Manson, on l'aime aussi pour ça ! Une super tenue de scène, un zeste de provoc mais en bonus ce rien d'humour qui fait la différence.

     

    Brian, pourquoi Marilyn ?
    C'est en hommage à Marilyn Monroe bien sûr !

     

    Ah oui... La superbe star... Destin tragique... Gloire éphémère... Vie brisée... I wanna be loved by you alone... Poo pooo beee dooh ! C'est ça ?
    Qu'est-ce que vous allez chercher là ? C'est tout simplement à cause des gros nichons.

     

    Mais pourquoi ne pas avoir pris Jane Mansfield de la même époque. Elle avait une poitrine plus avantageuse que celle de Marilyn Monroe ?
    Figurez-vous que j'y ai pensé. Mais il faut avouer que Jane Manson, quelque part, ça risquait de prêter à confusion avec la grande chanteuse française.


    Qui ça ?
    Celle qui chantait "Le petit pain au chocolat" avec le sympathique Dassin.

    Jules ?
    Non, Joe... Je peux vous en chanter le début si vous voulez ?

     

    Euh...
    Bon, puisque vous insistez.

     

    Tous les matins il achetait
    Son p'tit pain au chocolat
    Aille, aille, aille , aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaille !!

    Génial, non ?



    Je sais pas... Mais, une chose est sûre, ça donne envie de bouffer des croissants.


    Ah bon ?

    Et pourquoi Manson ?
    C'est un tueur en série.

    C'est quoi votre concept ?
    La féminité : Marilyn, mêlée à la criminalité : Manson. La beauté et la cruauté. La sensualité et la perversité. Le sex-symbol et le monstre. Le glamour et l'horreur entremêlés. L'assassin et, euh... les gros nichons. C'est pas fort ça ?

     

    Ah oui, c'est fort.
    Bref, Marilyn Manson, c'est en quelque sorte la belle et la bête en même temps.

     

    Brian, c'est quoi votre genre de musique ?
    Oh, pas grand chose. Du glam-metal electro avec un peu d'indus.


    Indus ? Il y a une influence indienne dans votre musique ?
    Pas du tout ! J'ai dit indus pas indus !

    Plaît-il ?
    Indus c'est l'abrégé de industriel comme glam est celui de glamour et electro...

    D'électronique ?
    C'est ça. Vous avez tout compris.

    Et metal ?
    C'est l'abrégé de metallica bien sûr !


    Ils ont inventé le metal ?
    Sûr. Avant eux y'avait rien, Après eux... y'aura peut-être plus personne non plus !

     

    Vous aimez ce groupe ?
    Je les trouve un peu trop burnés pour être honnêtes.

     

    Comment ça ?
    Eh bien, ils devraient laisser un peu s'exprimer la part de féminité qui sommeille en eux.

    Ah bon ?
    Parfaitement. Et un peu de fond de teint et un rien de rouge à lèvres ça leur permettrait peut-être de se relancer étant donné que ces derniers temps, c'était plus vraiment ça !

    J'ai vu que vous aviez exposé récemment quelques oeuvres, comme qui dirait, picturales.
    En effet, Marylin Manson peint modestement quand il a le temps, à ses heures.

     

    A seize heures ?
    Oui. Et de préférence à des heures indues.

     

    Indus ?
    Non. Indues !

    J'ai cru voir en admirant vos toiles, fort intéressantes au demeurant, un petit quelque chose de Francis Bacon. Qu'en pensez-vous ?
    C'est fort possible. Etre copié est pour moi un signe encourageant qui me permet de persévérer dans cette nouvelle voie artistique à moi que j'ai maintenant à mes heures, comment dirais-je, indues.

    Combien vous les vendez ?

    Entre 30 et 40 000 dollars.

    C'est pas cher.
    Non. Surtout quand on sait ce qu'elles vaudront plus tard, c'est un bon placement.

    Brian, on vous a vu en Christ crucifié sur la pochette d'un de vos albums. Doit-on y voir là le signe d'un élan mystique loin de tendances au satanisme que certains vous prêtent ?
    Le Christ est la première rock-star de l'histoire. Je voulais par là éclairer d'un jour nouveau cet homme admirable qui a tendance à être un peu oublié. Bon, c'est vrai qu'il est mort il y a plus de 2000 ans. Mais c'est pas une raison pour le laisser tomber aux jours d'aujourd'hui. D'autant plus que le troisième millénaire sera mystique ou ne sera pas comme je dis toujours.

     

    Belle pensée s'il en est !
    Oui, j'en suis pas mécontent. On est déjà en 2004 et si on se presse pas un peu on risque d'arriver au quatrième millénaire sans avoir été mystique. "Le temps c'est comme la F1, ça fait beaucoup de bruit et tu vois rien passer" comme le disait fort justement Michael.


    Jackson ?
    Non, Schumacher.

     

    N'y a-t-il pas, Brian, comme une certaine compromission pour un artiste de votre acabit à se commettre dans une émission telle que Hit-Machine ?
    Au contraire. Ca me permet d'élargir mon audience.

     

    Comment ça ?
    L'ambition de tout artiste qui se respecte n'est-elle pas de toucher tous les publics de sept à soixante-dix sept ans ? C'est vrai que bon pour ces derniers, c'est pas gagné !


    Justement, n'avez-vous pas peur que votre message soit mal interprété par les jeunes générations et amène par le fait quelques dérives ?
    C'est tout le problème de la création. L'artiste y est toujours confronté. Il est rarement compris de son vivant.

     

    N'est-ce pas un peu frustrant de savoir qu'on sera souvent reconnu à sa juste valeur qu'une fois mort ?
    Certes cela frustre. Mais comme je me fais un max de pognon ça me console.

    Parlez-nous un peu de la vie de Brian ?
    Beau film, ma foi. Plein d'humour.

    Non, je veux dire : votre vie, Brian !
    Ah oui, ma vie...

     

    D'où vous est venu ce goût pour les déguisements ?
    Déjà dans ma tendre enfance, j'attendais avec impatience Halloween pour me déguiser.

    Et alors ?
    Ma mère me disait toujours : "Te casse pas la tête mon petit Brian. Sors comme tu es et on te donnera plein de friandises !"

    Ah bon ?

    Parfaitement. Depuis j'arrête pas de me déguiser jusqu'à 10 à 20 fois par jour ou par semaine.

    Et votre dernier album, Brian ?
    Pas "Brian" mais "The golden age of grotesque".

     

    Intéressant le titre.
    Oui, je suis pas mécontent !

     

    Vous pouvez nous en dire quelques mots ?
    Ce cd, c'est un peu mon parc d'attraction, mon Mickey Mouse à moi... Les oreilles en moins !

     

    Vous êtes en quelque sorte Disneyland à vous tout seul ?
    Exactement. Et même plus : le train fantôme d'Ok Corral, l'orque de Maryland et même le Grand Guignol.

     

    Et cet album est-il brillant, euh... Brian ?
    Il l'est. J'ai voulu créer en quelque sorte une oeuvre qui dévoile davantage ma personnalité vraie par rapport aux albums précédents. C'était comme si je renaissais. Marilyn réinventant Manson si j'ose m'exprimer ainsi.

     

    Osez.
    Merci.

    Brian, derrière Marilyn Manson, ne se cache-t-il pas...
    Où ça ?

    C'est une image. Je voulais dire : derrière votre personnage n'y a-t-il pas un dandy à la Oscar Wilde qui sommeille ?
    Certes mais laissons le dormir, voulez-vous.

    N'avez-vous pas peur, qu'à la longue, l'aspect visuel de Marilyn Manson prenne le pas sur le musical ?
    Pas du tout. Les deux vont de pair. Marilyn Manson n'est pas le mime Marceau.

     

    Ah bon ?
    Il n'est pas non plus un vulgaire groupe de rock. Marilyn Manson est quelque part une oeuvre d'art à la fois visuelle et sonore en perpétuel mouvement. Donc je continuerai à faire du bruit.

    Brian, il paraît que vous allez prêter votre voix à un jeu vidéo de science-fiction, est-ce vrai ?
    Pas vraiment.

    Comment ça ?
    Disons plutôt que je vais la vendre. Ce sera celle d'un extra-terrestre très méchant, très agressif et très cruel. Un nouveau rôle en quelque sorte pour Marilyn Manson.

     

    Qu'est-ce qui vous a tenté dans ce jeu ?
    D'abord les droits que je vais toucher et éventuellement le concept véhiculé par le personnage.


    Ne seriez-vous pas Brian en quelque sorte un alien ?

    Ca se pourrait bien... Et d'ici que j'ai des antennes sur la tête, il n'y a qu'un pas que je pourrais allègrement franchir incessamment sous peu.

     

    Merci de vous être confié, sans fard, Brian.
    Qui ça ?

    Ben vous, Marilyn.
    Ah oui, moi...

    Alors j'ai quitté Marilyn, pardon, Brian. Durant le trajet en bus qui me ramenait chez moi, comme je cherchais un nom pour le groupe punk qu'on venait de créer avec des potes du quartier, je me suis dit que peut-être "Sylviane Landru" serait super. Sylviane, c'est notre première et unique groupie. Elle a de sacrés nichons ! Et Landru, un fucking tueur en série ! Puis, finalement, arrivé chez moi, j'ai changé d'avis me disant qu'après tout, c'était vraiment trop con comme nom !

     


     
     
     
     
     

     


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    Screamin' Jay Hawkins, de son vrai nom Jalacy Hawkins, est un auteur-compositeur et interprète américain de rytm and blues né le 18 Juillet 1929 à Cleveland dans l'Ohio, aux États-Unis et mort le 12 Février 2000 à Neuilly sur Seine en France d'une rupture d'anévrisme.

     

    Elevé alternativement par sa mère et par des indiens Blackfoot, il quitte le lycée en 1945 pour être chanteur fantaisiste pour l'armée de l'air dans les boîtes pour soldats en Allemagne, au Japon et en Corée. Il pratique également la boxe un moment. En 1951, il est engagé comme pianiste puis comme chanteur (et accessoirement comme chauffeur) pour le guitariste jazz Tiny Grimes. Il grave le titre inédit Screamin' Blues, puis il accompagne Johnny Sparrow & his Sparrows, sort en 1954 les deux disques Baptize Me In Wine et I Found My Way To Wine, et part en tournée avec Fats Domino. Durant les années 1955-56, il enregistrera Wamee (qui plus tard sera connue sous le nom de She Put The Wame On Me).

     

    En 1956, il grave son premier succès : I Put A Spell On You. Mais le disque est censuré par les radios. La particularité d'Hawkins était de reprendre des standards dans un style bien à lui qui consistait à introduire des bruits corporels comme éléments à part entière de la musique au même titre que la voix, la guitare ou la batterie, exemple : le drôlatique Constipation blues. A cette même époque, il invente pour la scène un personnage de monstre loufoque qui sort d'un cercueil, joue avec des cranes, porte une cape de vampire, etc. Ce rôle le suivra toute sa vie et fera hélas oublier ses talents de chanteur et de pianiste.

     

    Il enregistre en 1957 un album pour Epic, At Home With Screamin' Jay Hawkins, où il chante I Love Paris de Cole Porter. Mais, du fait de la censure, ses disques comme Frenzy ou Alligator Wine se vendent peu. Sa prestation dans le film Mister Rock'n' Roll d'Alan Freed en 1957 est coupée au montage. En 1960, il décide d'abandonner et se retire à Honolulu pendant dix ans.

     

    Mais s'il est incompris dans son pays, Hawkins est une légende à l'étranger. I Put A Spell On You connait le succès grâce aux reprises de Nina Simone (1965), Alan Price Set (1966) et Creedence Clearwater Revival et beaucoup plus tard par Julien Dore au cours de la Nouvelle Star 2007. Cette reprise a fait couler beaucoup de salive et beaucoup d'encre car, on a alors reproché à Julien d'en avoir trop fait, d'avoir sombré dans la démesure. Or, I put a spell on you de Screamin' Jay Hawkins, c'est justement LA démesure, le gigantisme, l'inconcevable ... la folie!. Constipation blues est un tube au Japon en 1968. Il s'installe alors en France dans les années 1980. C'est le début de la réhabilitation de cet interprète.

     

          

     

    En 1984, le groupe américain garage et psychédélique des Fuzztones l'accompagne sur un surprenant maxi 4 titres. Il joue dans le film Mistery train de Jim Jamusch et fait une apparition dans Peut-être de Cédric Klapisch. Les Stones lui demandent de faire leur première partie au Madison quare garden. Et sa reprise de Heart Attack And Wine de Tom Waits se vend bien grâce à son utilisation dans une pub pour des jeans.

     

    À la suite d'une opération des intestins, Hawkins fait une rupture d'anévrisme de laquelle il décède .

     

                                       

     

    Pour illustrer ce personnage hors du commun qu'était Screamin' Jay Hawkins, j'ai trouvé un texte de Luna Satie " SCREAMIN' JAY HAWKINS ET SON POTE HENRI "

         

     

    J’ai compris que la situation était grave, voire sans issue, lorsque Henri à fait une rotation sur l’axe de la canne de Jay pour m’adresser son rictus mortifère :


    -Je crois que la gamine a un problème, Jalacy !


    En guise de problème, mes yeux flottent à distance respectable de mes orbites. Jalacy, appelé pompeusement « Screamin’ Jay Hawkins », se retourne pour attraper d’un geste vif les deux appendices et me les remettre en face des trous. Nous marchons dans une artère très fréquentée du vestibule des enfers, titubant chacun sous l’effet redoutable du Blitz. Y compris le crâne Henri qui oscille dangereusement sur son support. Il est impossible de définir le Blitz comme un alcool, de même que le terme de drogue ne suffit pas à circoncrire la dangerosité d’un tel produit. Disons tout simplement que c’est un « ordre » donné par une sorte de « boisson » à notre cerveau pour qu’il « lâche prise définitivement avec toutes notions de réalité ». Psychiquement ET physiquement.


    -Est-ce que l’un d’entre vous sait quel effet ce truc peut avoir à long terme sur un être vivant ?


    -Aucune idée ! répliquent-ils en chœur.


    -Chouette. Je fais comment pour mon interview ? J’attends que mes neurones se décollent les uns des autres ?


    Henri propose que l’on s’arrête un instant sur la terrasse du grand Orme. Les chimères qui végètent sous les feuilles de l’arbre ne font rien pour arranger mon délire, aussi je plonge la tête sous la table en priant pour que ça s’arrête le plus vite possible. Jalacy, en parfait compagnon de galère me rejoint en-dessous :


    -Y’a un truc qui te chiffonne ?


    -Bah plutôt, ouais, je réponds. Depuis que je suis arrivée ici, je me rends compte que la vie mortelle est trop injuste. Regardes toi, Jalacy, tu as écrit une tripotée de chef d’œuvres ! Genre Frenzy, tu vois ? En 1957, tu était limite précurseur surf…Et puis Alligator Wine, pareil ! Naissance du swamp rock ! Sans parler d’ Itty Bitty Pretty One, qui déchire grave dans le sens de la soul mais qui sonne toujours rock, tu vois ?


    Personnellement, je vois surtout que je n’arrive pas à assumer un discours cohérent. Mais Jay ne m’en tient pas rigueur. Lui aussi voit très bien, et même mieux que moi :


    -Je crois que si je suis devenu un artiste culte méprisé par le grand public, c’est parce que je fais peur aux gens. Et ce n’est ni à cause de mes costumes ni de mon cercueil. Parce que bizarrement, tout ceux qui m’ont piqué mon style, ça a vachement bien marché pour eux !


    Vrai. La cape de Little Richard, les mises en scène d’Alice Cooper, Blacula*, tout ça vient de Screamin’ Jay Hawkins. Nombreux sont ceux qui ont repris avec succès I put a spell on you, de Nina Simone à Marilyn Manson. Alors qu’interprété par son créateur, tout en devenant le phénomène de 1956, ce morceaux fut censuré par les stations de radio à cause des grognements suggestifs de Jay. A tel point que, malgré son succès, il n’apparut jamais dans les classements officiels.


    Je cherche une explication tout en m’installant confortablement sous la table et en risquant une autre gorgée de Blitz. Mais je n’arrange pas mon cas :

    -Nan, nan, nan. C’est parce que t’es trop gentil avec les étrangers !


    Quand Jalacy sourit, y’a comme un vent de mélancolie qui passe.


    -Peut-être qu’après tout, je n’en avais rien à foutre…


    Henri, baignant dans une flaque de Blitz sur la table au-dessus de nous, tranche de sa voix de crécelle :
    -Arrête ton char, l’ami ! T’étais un orphelin adopté par des indiens, un boxeur de première bourre ET un ancien soldat torturé par les Japs. Tu croyais quoi ? Qui z’allaient te faciliter la vie après te l’avoir pourrie pendant des années ?


    Jalacy hésite :


    -Je dis pas non, mais je n’ai pas été très coopératif non plus…


    -Ça y est, ça recommence. Il va ENCORE culpabiliser !


    Je me lève, colle une main moite dans la grande paluche de Jay pour la secouer, le remerciant de m’avoir offert ce petit moment en leur compagnie. Tout d’un coup, la conversation entre ces deux-là devient trop personnelle, alors je m’éloigne pour les laisser tranquilles. Et puis je suis en train de comprendre l’effet réel de l’expression « avoir les cheveux qui poussent à l’intérieur du crâne »  ....... Douloureux.

      

     

     


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