• SCREAMIN' JAY HAWKINS

     

    Screamin' Jay Hawkins, de son vrai nom Jalacy Hawkins, est un auteur-compositeur et interprète américain de rytm and blues né le 18 Juillet 1929 à Cleveland dans l'Ohio, aux États-Unis et mort le 12 Février 2000 à Neuilly sur Seine en France d'une rupture d'anévrisme.

     

    Elevé alternativement par sa mère et par des indiens Blackfoot, il quitte le lycée en 1945 pour être chanteur fantaisiste pour l'armée de l'air dans les boîtes pour soldats en Allemagne, au Japon et en Corée. Il pratique également la boxe un moment. En 1951, il est engagé comme pianiste puis comme chanteur (et accessoirement comme chauffeur) pour le guitariste jazz Tiny Grimes. Il grave le titre inédit Screamin' Blues, puis il accompagne Johnny Sparrow & his Sparrows, sort en 1954 les deux disques Baptize Me In Wine et I Found My Way To Wine, et part en tournée avec Fats Domino. Durant les années 1955-56, il enregistrera Wamee (qui plus tard sera connue sous le nom de She Put The Wame On Me).

     

    En 1956, il grave son premier succès : I Put A Spell On You. Mais le disque est censuré par les radios. La particularité d'Hawkins était de reprendre des standards dans un style bien à lui qui consistait à introduire des bruits corporels comme éléments à part entière de la musique au même titre que la voix, la guitare ou la batterie, exemple : le drôlatique Constipation blues. A cette même époque, il invente pour la scène un personnage de monstre loufoque qui sort d'un cercueil, joue avec des cranes, porte une cape de vampire, etc. Ce rôle le suivra toute sa vie et fera hélas oublier ses talents de chanteur et de pianiste.

     

    Il enregistre en 1957 un album pour Epic, At Home With Screamin' Jay Hawkins, où il chante I Love Paris de Cole Porter. Mais, du fait de la censure, ses disques comme Frenzy ou Alligator Wine se vendent peu. Sa prestation dans le film Mister Rock'n' Roll d'Alan Freed en 1957 est coupée au montage. En 1960, il décide d'abandonner et se retire à Honolulu pendant dix ans.

     

    Mais s'il est incompris dans son pays, Hawkins est une légende à l'étranger. I Put A Spell On You connait le succès grâce aux reprises de Nina Simone (1965), Alan Price Set (1966) et Creedence Clearwater Revival et beaucoup plus tard par Julien Dore au cours de la Nouvelle Star 2007. Cette reprise a fait couler beaucoup de salive et beaucoup d'encre car, on a alors reproché à Julien d'en avoir trop fait, d'avoir sombré dans la démesure. Or, I put a spell on you de Screamin' Jay Hawkins, c'est justement LA démesure, le gigantisme, l'inconcevable ... la folie!. Constipation blues est un tube au Japon en 1968. Il s'installe alors en France dans les années 1980. C'est le début de la réhabilitation de cet interprète.

     

          

     

    En 1984, le groupe américain garage et psychédélique des Fuzztones l'accompagne sur un surprenant maxi 4 titres. Il joue dans le film Mistery train de Jim Jamusch et fait une apparition dans Peut-être de Cédric Klapisch. Les Stones lui demandent de faire leur première partie au Madison quare garden. Et sa reprise de Heart Attack And Wine de Tom Waits se vend bien grâce à son utilisation dans une pub pour des jeans.

     

    À la suite d'une opération des intestins, Hawkins fait une rupture d'anévrisme de laquelle il décède .

     

                                       

     

    Pour illustrer ce personnage hors du commun qu'était Screamin' Jay Hawkins, j'ai trouvé un texte de Luna Satie " SCREAMIN' JAY HAWKINS ET SON POTE HENRI "

         

     

    J’ai compris que la situation était grave, voire sans issue, lorsque Henri à fait une rotation sur l’axe de la canne de Jay pour m’adresser son rictus mortifère :


    -Je crois que la gamine a un problème, Jalacy !


    En guise de problème, mes yeux flottent à distance respectable de mes orbites. Jalacy, appelé pompeusement « Screamin’ Jay Hawkins », se retourne pour attraper d’un geste vif les deux appendices et me les remettre en face des trous. Nous marchons dans une artère très fréquentée du vestibule des enfers, titubant chacun sous l’effet redoutable du Blitz. Y compris le crâne Henri qui oscille dangereusement sur son support. Il est impossible de définir le Blitz comme un alcool, de même que le terme de drogue ne suffit pas à circoncrire la dangerosité d’un tel produit. Disons tout simplement que c’est un « ordre » donné par une sorte de « boisson » à notre cerveau pour qu’il « lâche prise définitivement avec toutes notions de réalité ». Psychiquement ET physiquement.


    -Est-ce que l’un d’entre vous sait quel effet ce truc peut avoir à long terme sur un être vivant ?


    -Aucune idée ! répliquent-ils en chœur.


    -Chouette. Je fais comment pour mon interview ? J’attends que mes neurones se décollent les uns des autres ?


    Henri propose que l’on s’arrête un instant sur la terrasse du grand Orme. Les chimères qui végètent sous les feuilles de l’arbre ne font rien pour arranger mon délire, aussi je plonge la tête sous la table en priant pour que ça s’arrête le plus vite possible. Jalacy, en parfait compagnon de galère me rejoint en-dessous :


    -Y’a un truc qui te chiffonne ?


    -Bah plutôt, ouais, je réponds. Depuis que je suis arrivée ici, je me rends compte que la vie mortelle est trop injuste. Regardes toi, Jalacy, tu as écrit une tripotée de chef d’œuvres ! Genre Frenzy, tu vois ? En 1957, tu était limite précurseur surf…Et puis Alligator Wine, pareil ! Naissance du swamp rock ! Sans parler d’ Itty Bitty Pretty One, qui déchire grave dans le sens de la soul mais qui sonne toujours rock, tu vois ?


    Personnellement, je vois surtout que je n’arrive pas à assumer un discours cohérent. Mais Jay ne m’en tient pas rigueur. Lui aussi voit très bien, et même mieux que moi :


    -Je crois que si je suis devenu un artiste culte méprisé par le grand public, c’est parce que je fais peur aux gens. Et ce n’est ni à cause de mes costumes ni de mon cercueil. Parce que bizarrement, tout ceux qui m’ont piqué mon style, ça a vachement bien marché pour eux !


    Vrai. La cape de Little Richard, les mises en scène d’Alice Cooper, Blacula*, tout ça vient de Screamin’ Jay Hawkins. Nombreux sont ceux qui ont repris avec succès I put a spell on you, de Nina Simone à Marilyn Manson. Alors qu’interprété par son créateur, tout en devenant le phénomène de 1956, ce morceaux fut censuré par les stations de radio à cause des grognements suggestifs de Jay. A tel point que, malgré son succès, il n’apparut jamais dans les classements officiels.


    Je cherche une explication tout en m’installant confortablement sous la table et en risquant une autre gorgée de Blitz. Mais je n’arrange pas mon cas :

    -Nan, nan, nan. C’est parce que t’es trop gentil avec les étrangers !


    Quand Jalacy sourit, y’a comme un vent de mélancolie qui passe.


    -Peut-être qu’après tout, je n’en avais rien à foutre…


    Henri, baignant dans une flaque de Blitz sur la table au-dessus de nous, tranche de sa voix de crécelle :
    -Arrête ton char, l’ami ! T’étais un orphelin adopté par des indiens, un boxeur de première bourre ET un ancien soldat torturé par les Japs. Tu croyais quoi ? Qui z’allaient te faciliter la vie après te l’avoir pourrie pendant des années ?


    Jalacy hésite :


    -Je dis pas non, mais je n’ai pas été très coopératif non plus…


    -Ça y est, ça recommence. Il va ENCORE culpabiliser !


    Je me lève, colle une main moite dans la grande paluche de Jay pour la secouer, le remerciant de m’avoir offert ce petit moment en leur compagnie. Tout d’un coup, la conversation entre ces deux-là devient trop personnelle, alors je m’éloigne pour les laisser tranquilles. Et puis je suis en train de comprendre l’effet réel de l’expression « avoir les cheveux qui poussent à l’intérieur du crâne »  ....... Douloureux.

      

     

     


  • Commentaires

    1
    Heidi
    Jeudi 31 Mai 2012 à 17:54
    oui!!!! je viens de mettre la musique sur Youtube, je connais, quand il crie:) j'ai eu un sursaut:) super original en effet! doux bisous♥
      • Petitfilou1 Profil de Petitfilou1
        Jeudi 31 Mai 2012 à 18:52
        Bonsoir ma Heidi ! oui, c'était un sacré personnage, ce vieux Jay .... Sil n'avait pas eu comme alibi, d'être un artiste connu, il aurait certainement fini sa vie dans un asile pour fous ... hurlants !!! Merci pour ta visite et ton com'. Plein de tendres bisous
    2
    Heidi
    Jeudi 31 Mai 2012 à 18:56
    :) quoique que quand tu entends certains groupes de métal actuels, il passerait inaperçu hein!  Je souris!  Pas tous, mais parfois, j'ai dis parfois, je ne voudrais pas avoir les fans de métal sur le dos, on leur donnerait bien une tite aspirine hein! Ils ont mal pour crier comme ça:) doux bisous♥
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